L'AMER annonce le Centre de désintoxication de l'humour

Il est plus que temps de rassurer les dizaines de membres qui nous écrivent chaque semaine en s'inquiétant du silence de l'AMER. En effet, l'absence de nouvelles sur ce site n'est aucunement le signe d'un étiolement de notre mouvement, mais la conséquence de notre investissement dans un projet totalement révolutionnaire qui nous accapare plus qu'à plein temps depuis janvier 2009 : la création du premier Centre de désintoxication de l'humour (CDH).

Conscient que le lobbying et l'information du grand public des ravages du rire ne constituent qu'un pan de la lutte contre ce fléau, nous avons en effet décidé de créer une structure qui permettra de venir concrètement en aide à ses victimes. Les trois premières missions qui incomberont aux CDH dans les années qui viennent seront les suivantes :

  • Accueillir les réunions de l'Assemblée des rieurs anonymes (ARA), groupe dont le but est d'aider les personnes qui rient à s'en sortir en suivant la méthode éprouvée des Alcooliques anonymes.
  • Organiser des stages intensifs de cinq à dix-huit semaines destinés à désintoxiquer les personnes les plus "accros" à l'humour.
  • Héberger le premier centre téléphonique "Humour info service" (0,15 euro/mn d'un poste fixe), qui répondra 24 heures sur 24 aux questions des personnes qui ne savent pas comment arrêter de rire ou qui souhaitent connaître les recours judiciaires si elles sont victimes de plaisanteries.

Ce projet n'est certes pour le moment qu'à l'état de plan, et il reste de nombreux détails à régler.

Nous devrons notamment choisir la localisation géographique de cette nouvelle structure. Il va de soi que nous avons exclu d'emblée Paris, dont les multiples salles de spectacle comique pullulant sous l'œil bienveillant de la municipalité ne constituent pas le cadre idéal pour les toxicomanes souhaitant s'arracher à l'emprise de l'humour. C'est pourquoi nous cherchons à nous implanter dans une ville moins propice au rire telles que Béziers, Limoges ou Évreux.

Pour animer cette structure inédite dans le monde, nous devrons également nous appuyer sur des intervenants absolument hostiles à l'humour sous toutes ses formes et sourds à toute argumentation visant à le défendre. C'est pourquoi nous souhaitons recruter au sein d'organisations ayant fait leurs preuves dans ce domaine comme l'AGRIF, la Licra ou Démocratie - Droits de l'homme.

Nous recherchons également des célébrités susceptibles de soutenir notre projet afin de lui donner une plus grande visibilité. Le premier nom qui nous est naturellement venu à l'esprit est bien entendu celui de l'humoriste défroqué Philippe Val, mais nous craignons que ses nouvelles fonctions à la tête de la radio d'État soit incompatibles avec le parrainage d'une association. Il nous faudra beaucoup de persévérance pour trouver une personnalité capable d'égaler ce parfait exemple de reniement de l'humour.

Il reste enfin la délicate question du financement. Dans le contexte actuel où le président de la République tente de faire interdire les poupées humoristiques à son effigie et où les secrétaires d'État intentent des procès pour une simple boutade, nous pensons obtenir une aide financière non négligeable de la part du gouvernement. Cette manne devrait d'ailleurs persister en cas de revers électoral puisqu'on observe la même tendance dans l'opposition.

Quelles que soient les embûches, nous sommes confiants qu'un projet tel que le Centre de désintoxication de l'humour est trop pertinent pour ne pas naître un jour. Conscient de la fébrilité dans laquelle cette nouvelle a dû plonger nos membres, nous posterons dans les semaines qui viennent divers articles décrivant plus en détails le fonctionnement prévu pour cette nouvelle structure.